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Conception / réalisation
J-H. Vasina - Kapish C & Ing.

 

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HISTORIQUE

LA SCULPTURE SUR BOIS A BESSANS

Bessans , petit village de montagne est situé au fond de la vallée de la Haute Maurienne en Savoie, à 1750 mètres d’altitude.
De nos jours une grande partie de son territoire est frontalier avec l’Italie. Mais avant 1860, c’était le même pays : le royaume Piémont Sardaigne ; et dès l’antiquité, le passage par Bessans fut une des routes principales pour se rendre depuis le royaume de France vers Rome, Florence ou Turin.
Le passage des cols de L’Arnès, du Collerin ou de l’Autaret était très difficile mais bien plus sûr que celui du Mont-Cenis. De plus, pour passer le Mont-Cenis, il fallait s’acquitter d’un droit de péage. C’est sûrement pour ces raisons qu’un grand nombre d’artistes, créateurs d'art alpin, assez pauvres passèrent par la vallée d’Avérole à Bessans ; laissant derrière eux leur empreinte artistique sur le village comme par exemple la chapelle Saint-Antoine, classée monument historique pour ses fresques murales datées de 1526, et une grande tradition de sculpture religieuse sur bois : diables de Bessans, statues de saints polychromes, poules à sel, ... Les sculptures sur bois de Bessans et leurs scultpeurs sont des piliers importants de l'art baroque savoyard, dont voici brièvement l'historique.

 

 

Jean Clappier :

C’est un peu plus tard qu’un dénommé « Clappier des Vincendières », village de la vallée d’Avérole fit parler de lui. Il a sûrement appris la sculpture grâce à des artistes de passage. Sa première œuvre date de 1624 : il s’agit de 2 anges porte-flambeaux sculptés pour l’autel de la Vierge à Termignon. Le bas relief du centre de l’autel sculpté lui aussi par Jean Clappier est d’une perfection totale ; il représente la Vierge entourée d’angelots, Saint François d’Assise agenouillé et saint Dominique. C’est en examinant ce tableau que les spécialistes ont determiné que l’auteur avait forcément complété son éducation auprès d’un Maître à la fois sculpteur et orfèvre. A cette période, le baroque lui inspire des figures carastéristiques et en 1629 il termine le rosaire et l’autel de la Vierge à Lanslevillard, village ou il s’est marié. C’est son œuvre la plus connue et classée depuis longtemps par les Monuments historiques. 12 ans plus tard il sculpte la Vierge à l’enfant et Sainte Anne pour la chapelle de la Goulaz (Bessans) d’une qualité rare. En 1643, pour l’église d’Avérole, il sculpte encore la Vierge, sa mère et son fils mais ces statues sont très différentes ; il s’agit certainement de portraits. Sur toutes les œuvres de Jean Clappier, on retrouve successivement ou conjointement des influences baroques, romanes voire même espagnoles. Certaines de ses œuvres ne sont pas signées comme le grand crucifix de l’église de Bessans ; on peut penser que sa signature a été effacée par des restaurations successives ou qu’à l’époque il n’avait pas encore la maîtrise de la corporation des maîtres sculpteurs.
Après lui, son fils Antoine signe l’autel des Carmes de l’église de Bessans en 1666. L’influence du père est visible.

 

 

Benoît et Jean-Baptiste Clappier :

Parallèlement, Benoît et Jean-Baptiste Clappier des Vincendières, frères semble-t-il et surnommés les maîtres Clappier des Vincendières sculptent le Christ de piété dans l’église de Bessans (1668) ; on leur doit aussi de nombreux saints (Sainte Agathe, Sainte Madeleine, Saint Antoine Abbé, Saint Colomban, etc…) tous très grands.
Jean-Baptiste Clappier a aussi signé de nombreuses œuvres seul à partir de 1681, toutes plus petites et notamment dans les chapelles d’Avérole et de Notre Dame des Grâces. On retiendra deux grandes statues de la Vierge et de Saint Jean, à la chapelle Saint Antoine de Bessans, toutes deux signées Jean-Baptiste Clappier et d’une très grande qualité.

De nombreuses autres œuvres datées des 18 et 19èmes siècles sont signées Clappier ; le dernier sculpteur bessanais du même patronyme est Sébastien Clappier dit Sébastien des « Bon Dieu » 1797-1871.

 

 
Etienne Fodéré :

Ce sculpteur bessanais s’est exilé en tarentaise vers 1670 ou se trouvent la majorité de ses œuvres. Il a appris le métier auprès de Jean-baptiste Clappier ou de Benoit mais son style s’en diffère et ses statues sont très reconnaissables à leur visage maigre et leurs pomettes très hautes. Le retable de la chapelle du saint-Esprit de Bessans est son œuvre ; c’est lui d’ailleurs qui réalisera le plus grand nombres de retables baroques on notera aussi un beau saint Augustin dans l’église et un Saint Grat dans la chapelle Saint Antoine à Bessans.

 

 
Etienne Vincendet (1813-1889) :

Surnommé Etienne des Saints, c’est lui qui est à l’origine du mouvement satirique et commercial du diable. En 1857, il est chantre à l’église de Bessans. Suite à une altercation avec son curé, il sculpte un diable enfourchant un curé et le pose sur la fenêtre du presbytère. Le curé le rapporte illico sur la fenêtre du chantre et la statue voyage ainsi pendant plusieurs semaines. Finalement, Etienne le laisse sur sa fenêtre et un touriste lui propose de le lui acheter.
C’est ainsi qu’Etienne qui sculptait de nombreux saints se mit à sculpter des diables et à les vendre.

 

 
Pierre François Vincendet 1843-1919 :

Il est le fils d’Etienne et fut surnommé Pierre des diables. Après son père, il se mit à sculpter des diables avec accessoires et de nombreux objets utilitaires : poules à sel, jouets d’enfants, etc…Il sculpta aussi des représentations de la vie quotidienne et notamment des tribunaux. Beaucoup de ces objets ont brûlé et quelques exemplaires sont conservés au musée de Chambéry.

Depuis 1919, Bessans a connu de nombreux sculpteurs ; chacun travaillant son diable ou sa poule à sel lors des longues veillées d’hiver ; en 1993, Georges Personnaz a décidé d’ouvrir sa galerie d’art « Au Chapoteur » ; la première et la seule à ce jour ; aujourd’hui c’est son fils Fabrice qui a repris le flambeau. Ainsi se perpétue la tradition.

 

 

 

 


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